mercredi 19 mars 2008

Béatrice uncovered


Au péril de leurs vies, deux Scubiennes ont infiltré le domicile béatricien. Abusant de son thé, de ses scones et cookies, elles n'ont pourtant pas oublié leur mission première, vous raconter, enfin, la VRAIE vie de Béatrice en Ecosse.

Pressées par le temps, nous irons à l'essentiel....

1°) Béatrice est une étudiante bobo. Elle achète des bananes Max Havelar. Qui a les moyens d'acheter des bananes fair trade? tout cela est louche, elle doit gagner de l'argent quelque part (traffic d'organes? huhu)

2°) Béatrice boit sa Guinness plus vite que Viviane et c'est vexant pour elle. Et Béatrice a semble t'il moult entrainement, cf. cliché révélateur

3°) Béatrice aime les épingles à nourrice géantes.

4°) Béatrice a des nouvelles chaussures, mais elles ne sont pas rouges. (Béatrice va donc s'acheter des chaussures rouges. Et du Cheddar rouge.)

5°) Béatrice a une Bible dans sa chambre ou sèchent des fleurs dédiées au Seigneur. Ont été vues page 854 une joncquille et page 486 une fleur jaune non identifiée.

6°) Béatrice achète du camembert au lait frais parce qu'il "peut contenir des bactéries".

7°) Béatrice n'a pas le droit d'entreposer des traffic cones et des barrières dans son appartement cf. Birkbeck Court Regulation 845-3 (mais ses voisins le font)

8°) Béatrice est à la diète écossaise. Et ça fait peur, parfois.

9°) Béatrice va en cours, mais pas assez longtemps pour que nous puissions tout exposer. Elle arrive! aaahhhh



lundi 10 mars 2008

Uh? merica...

"Uh? merica" ?Drôle de titre (que j'emprunte à une chanson de Regina Spektor, rendons à César ce qui est César) pour quelqu'un qui écrit depuis l'Ecosse, me direz vous... Eh bien, oui, mais non, vous répondrai-je, parce qu'il se trouve que je crois bien avoir rencontré ici plus d'Américains que d'Ecossais... Je rajouterais bien que je connais un nombre relativement impressionant d'Américains pour quelqu'un qui n'est jamais allé à l'ouest de Porto, mais là n'est pas le sujet.

Pourtant, des Américains, il y en a, mais pas tant que ça. Je ne suis même pas sûre qu'il y en ait tellement plus que de Canadiens, alors qu'il y a quasiment un rapport de 1 à 10 entre les populations des deux pays. Mais il y en deux dans mon appartement, alors, difficile de passer complètement à côté.

Megan et Ashley, que j'ai déjà rapidement évoquées il y a quelques semaines, viennent du Sud - comme l'écrasante majorité des Américains exilés ici. Pourquoi une telle invasion de Sudistes, dans un pays aussi froid, sombre et humide que l'Ecosse, je n'en ai ma foi pas la moindre idée, mais j'observe. Caroline du Nord, Caroline du Sud, Tennessee, Georgie, Arkansas, Texas, Virginie...
Megan et Ashley ont prévenu, dès les premiers jours, qu'il ne fallait pas juger les Etats-Unis sur leur image et leur comportement. Heureusement, suis-je tentée de dire...

Parce qu'il m'a suffit de quelques semaines dans un appart fréquemment envahie par une cohorte gloussante, piaillante, pécorante, ricanante, rotante, jurante, composée de mes colocs et de leurs compatriotes-amies, pour me rappeler ou m'apercevoir que les Etats-Unis, c'est...

le Coca Cola par litres, parce que l'eau n'a pas assez de goût,
les croques-monsieurs frits dans le beurre dès qu'on a un petit creux
les placards remplis de boîtes de gâteaux, brownies et pancakes en poudres
un humour à peu près aussi gras que la nourriture
un vocabulaire qui oscille du "It's soo awesome and delicious and great and cool" au "Sluts, get up goddamn motherfuckers an ' you fuckin' bitches"
le rot sonore et prolongé comme ponctuation du quotidien
une quasi-ignorance de l'état du monde au delà des frontières de son petit univers ("Hitler, il était fasciste ou socialiste?" ... "Et donc, Cuba, c'est fasciste, c'est ça?")
une tendance subséquemment exacerbée à rire de l'ignorance des autres
les discussions interminable sur les stars du college football
la crainte de la décadence des moeurs qui croque les jeunes dans leur berceau en passant par les écrans
la télé toujours allumée, avec le plus de chaînes possible (4 chaînes, ça n'est pas la télé, il faut acheter un décodeur pour en avoir cinquante de plus)
les Backstreet Boys, High School Musical, Dan Cook, Rupert Murdoch
des girls movies, des girls book, de la cultures à l'aspartame
Ronald Reagan et la dynastie Bush
Kentucky Fried Chicken & Pizza Hut, MacDonald-MacDonald
tout il est beau il est gentil il est incroyable, sauf quand on décide qu'en fin de compte, c'est moche, débile, idiot, insupportable et donc à jeter, parce que...
... s'il y en a trop, on jette / s'il y en a pas assez, on achète.
plus de bruit qu'un car de touristes franchouillards, en fin de compte
une communauté qui laisse le portail grand ouvert, mais ne pense pas à la porte d'entrée
des drama & romances qui éclosent à partir de rien, et fânent vite
des hyperboles gonflées à l'hélium

LOIN, en fait.

Alors, c'est fatiguant, des fois, de vivre avec des Etats Unis comme voisines, toute gentilles et polies qu'elles fussent. Et ça fait revoir le croquis mental qu'on avait du pays, changer quelques lignes, en retracer de nouvelles, accepter d'y incoporer quelques clichés qu'on croyaient pourtant éculés. On se dit que, peut-être, le choc culturel, ça existe vraiment, en fin de compte... que les stéréotypes ont pas toujours tout faux... qu'on avait juste laissé son imagination s'égarer... et qu'elle s'était bien plantée...

Parce que moi, je croyais (et j'aimerais bien continuer à pouvoir croire) que les Etats-Unis, c'était...

le pays des romans individuels, des épopées industrielles, des sagas hobo-esques, des errances infinies et insouciantes, des perdants magnifiques, des rêves qui explosent en plein vol et s'éparpillent en feu d'artifices à travers les cieux
Bob Dylan, Tom Waits, Louis Armstrong, Johnny Cash, Miles Davis, Bruce Springsteen, Billie Holiday, l'hôpital Saint James et l'hôtel Chelsea
les contre cultures éphèmères - les coalitions de réfractaires
Woody Allen / Woody Guthrie
le confort d'une chanson mélancolique et feutrée comme la neige qui réchauffe un matin d'hiver et rafraichit un soir d'été - Bright Eyes, M. Ward, My Morning Jacket, The Postal Service, les songwriters new-yorkais
Thomas Jefferson, Martin Luther King, Barack Obama
un café à Seattle, un bourbon à la Nouvelle Orléans
une cohorte d'écrivains qui font ployer les étagères loin des frontière américaines, de Dos Pasos à Paul Auster en passant par Kerouac, Bradbury, Vonnegut, Bukowski.
les grandes étendues de natures qui noient les fourmillères urbaines
le géant de Big Fish qui se promène à travers les rues de Riddle, Mississippi au son de Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again
les vallées de silicone construites dans les vestiges de vallées de roc et de poussière
le Mexique à côté de l'Italie à côté de la Chine à côté de la Russie à côté de l'Irlande à côté des Caraïbes

... et toute une série de fantasmes du même genre, probablement aussi stéréotypés que la première énumération, d'ailleurs.
Heureusement pour mon imagination toute inquiète de s'être si dramatiquement fourvoyée (et pour les Etats-Unis, aussi), il n'y a pas que des clones de mes colocs chez les Américains importés en Ecosse, et il y a donc aussi des gens pour sauver mes élucubrations sur le compte de leur pays. Ils/elles sont plus rares (et, en général, ils/elles viennent du Midwest - bon, personne de la Côte Ouest ni de la Nouvelle-Angleterre dans les parages, non plus, faut dire), mais aussi plus facile à trouver, parce qu'en général, ce sont ceux qu'on voit se mélanger aux Européens.

En attendant, heureusement pour moi qu'il y en a, parce qu'il paraît que j'ai une tête de Nord-Américaine, à en juger par l'air tout surpris de la jeune fille qui est venue me demander "Are you from the US or Canada?" la semaine dernière, quand je lui ai répondu que non, j'étais Française, pourquoi, j'avais l'air?... Notez que sur cette réponse, elle s'est empressée de passer son chemin et d'aller voir ailleurs si elle y était.

jeudi 21 février 2008

Oyez! Oyez!

Mesdames et messieurs, mesdemoiselles, fidèles lecteurs et lectrices de cet humble blog,

Ceci est une annonce de la toute première importance.
Car ce soir, quelque chose dans Glasgow a changé.

Oui, ce soir les Celtics ont perdus contre Barcelone, à la maison pour ne rien arranger. Mais ça, ça n'est pas très important, ça aura juste fait la joie des Catalans et, surtout, des Rangers (NDLB : les Glasgow Rangers, ce sont les footballeurs glaswegians aux maillots bleus. Ils sont protestants et ils haïssent cordialement les Glasgow Celtics, qui sont les footballeurs glasgwegians catholiques aux maillots verts et blancs, et qui le leur rendent bien. Mais les deux équipes sont sponsorisées par la même marque de bière, à savoir Carling, donc l'unité urbaine est sauve, car ce qui importe c'est ce qu'on boit après le match, n'est-ce pas?). Non, ce n'est pas ça l'évènement digne de cette soudaine résurrection de blog.

Oui, ce soir a eu lieu la quatrième "Jim Wilson's International Night" du second semestre, qui s'est tenue au Social sur Royal Exchange Square. Mais ça aussi, on s'en fout, ce n'était de toute façon pas une grande réussite. Ceci dit, il y a tout de même une leçon à en tirer : le Social, c'est tout pourri comme bar, et si vous allez à Glasgow, inutile de vous y arrêter. Vraiment.

Oui, aujourd'hui il a fait tout gris après une suite inimterrompue de quatre jours de soleil resplendissant, mais, franchement, il faut que j'arrête de ne parler que du climat dans ce blog, même si j'en conviens c'est important, c'est aussi lassant et un tantinet (mais juste un tout petit tantinet de rien du tout) répétitif.

Oui, ce soir la famille Osborne a présenté la cérémonie des Brit Awards, au cours de laquelle Kylie Minogue a chanté entourée de Power Rangers emballés dans du papiers cadeau luisant, où les Kaiser Chiefs ont joué au milieu de de gratte-ciel miniatures qui poussaient plus vite qu'Alice après qu'elle a mangé le mauvais champignon, et où Amy Winehouse est venue reprendre l'hommage à Valéry Giscard d'Estaing des Zutons d'une voix de plus en plus chevrotante qui laisse penser qu'elle a vieilli de 75 ans en 7,5 mois. Mais ça non plus, ça n'est pas bien intéressant, et en plus, ça s'est pas passé à Glasgow, et personne de Glasgow n'y a rien gagné.

Oui, aujourd'hui a été tellement dépourvu de la moindre petite once de péripétie que je n'arrive même pas à trouver une nouvelle idée pour prolonger un peu mon énumération, et ainsi faire habilement durer le suspens. Je ne vais donc plus pouvoir divaguer bien longtemps, et vais finir par être obligée d'en venir au fait, ce que je déteste, parce que, franchement, quel est l'intérêt d'écrire dans un blog, si c'est pour juste en venir au fait de la façon la plus concise et efficace possible?
Mais quand même, si je fais cette annonce à une heure si tardive, c'est que (à part que je n'ai pas sommeil, allez savoir pourquoi) j'ai quelque chose d'important à annoncer. Je devrais donc l'annoncer, avant que vous ne vous lassiez de mes détours pseudo-rhétoriques et n'alliez vous coucher, ou changiez de page web, ou je ne sais quoi encore.

La grande nouvelle de ce jour mercredi 20 février de l'an de disgrace 2008, annoncée avec un peu de retard le lendemain, est donc...

*trompettes et ensemble de cuivres arrangés par Mr. Mark Ronson, tout juste sacré meilleur artiste masculin britannique de l'année par l'académie des Brit Awards*
*roulements sur les tambours de Joey Castillo qui en profite pour faire rouler ses muscles*
*Cri d'allégresse de Michael Allan Patton, hurlant sous l'effet d'une pulsion inexplicable le nom de sa ville natale, à savoir "Euréka!"*
*Grognement rageur d'Archimède qui se retourne dans la baignoire de son tombeau, marmonnant "mais qu'est-ce que c'est encore que cet abruti qui me plagie sans me citer?! Non mais vraiment, la recherche, de nos jours, c'est plus ce que c'était!..."*
*Chute de pommes sur la poire d'Isaac Newton qui s'était endormi auprès de son arbre et aurait sans ça loupé la nouvelle*
*Quinte de toux de la Pompe à Air de Boyle qui s'est a moitié étouffée de stupeur en lisant le Léviathan*

.....

Mesdames et Messieurs, Mesdemoiselles, chers renards du campus de Strathclyde, j'ai le bonnheur et l'honneur de vous apprendre que le Sir Arthur Wellesley, Premier Duc de Wellington, a cette nuit, entre 22het 23h23, retrouvé son chapeau !
Depuis le mois de décembre, au moins, notre noble ami avait dû trôner tête nue, endurant toute la rigueur des gelées hivernales sans protection aucune. Une terrible injustice faisait que personne, non, personne ne daignait prendre la peine de le recoiffer. Mais aujourd'hui, une grande âme inconnue, mais qui mérite tous les honneurs, de la canonification à l'érection d'une statue en place de grève, a enfin pris la peine de remédier à ce terrible état des lieux qui n'en pouvait plus de durer... et a rendu son chapeau à notre ami Wellington.

Il est donc de retour, cet objet conique à rayures vermillon et blanche, qui normalement devrait servir à signaler les travaux et déviation sur les routes, mais qui à Glasgow sert à tout sauf à ça. Il est de retour, ce machin que les Américains appellent cone et les Canadiens pylon. Et désormais, trève de guerre sémantique entre voisins nords-américains, puisque la chose en question peut de nouveau être désignée par la périphrase "Wellington's hat"!

Surtout - surtout, cette nuit, Glasgow, qui n'était plus vraiment Glasgow sans son couvre-chef, est redevenu Glasgow, et les récents arrivants vont enfin connaître la ville telle qu'elle est réellement. All hail to the cone !


(car, n'en déplaise à mes amis canadiens, il faut dans Google Image taper "traffic cone" et non pas "pylon" pour trouver une telle image. Putain d'impérialisme étasunien à la con, tabernacle, je sais, mais c'est comme ça.) (Si j'osais, j'ajouterai un "Monsieur ou Madame inconnue qui a accompli cette oeuvre bienfaitrice à l'humanité, chapeau!... mais je n'ose point, car ce serait tomber bien bas, et que je ne me suis pas hissée très haut avec ce message) (et je crois que je vais arrêter là les dégâts. Car ça s'appelle du souillage d'honneur et d'intégrité virtuelle de blog, et si c'est pas encore puni par la loi, ça devrait l'être bientôt, parce que c'est vraiment pas joli-joli tout ça)

Je vous laisse donc libres de savourer la nouvelle avec tout le recueillement qu'elle mérite.
Merci de votre attention, vous pouvez désormais arrêter d'ouïr si vous le souhaitez.

samedi 2 février 2008

Manchester, sq. (jours 2 & 3)

Le vendredi s'était fini tard, le samedi a donc commencé tard... Mais pas trop, parce qu'il fallait aller récupérer un lot de flyers promouvant le groupe émergeant (George Acan, ou quelque chose comme ça, si ma mémoire ne me joue pas trop de tour) dont Charlotte et une de ses co-exilées essaye de diffuser le nom (avec plus ou moins de succès, cf mes doutes). Rendez-vous donc avec le monsieur en manteau noir et cheveu blanc qui a pris les musicien sous son aile et qui, aidé par les revenus conséquents que lui ont apporté ses années de services à une firme de chimie, finance une opération de promotion visant à aboutir sur un contrat avec une maison de disque avant la fin de l'année. Le rendez-vous a été donné devant un café végétarien pour le transfert de la marchandise (en papier), et nonobstant une petite embrouille autour d'un sucre qui a plongé dans un café noir alors qu'il aurait dû finir dans un café au lait, qui se solde sur l'abandon par Charlotte de son employeur avec deux tasses de café fumant dans les mains, nous avons vite fait d'aller réveiller les Français qui vivent parmi les restes du champ de bataille qui fut festif la veille au soir.

D'ailleurs ce détour n'avait pas vraiment d'autre but que de tirer de pauvres âmes épuisées d'un sommeil réparateur, parce que ce n'est pas avec eux que nous avons prévu de passer la journée : direction le centre de Manchester, pour marcher en prenant notre temps vers le seuil de l'hôtel Hilton de la ville. Non, pas de repas de luxe au programme, mais un rendez-vous avec des vrais anglais, amis de mes parents (et de moi, en fait, aussi), qui ont la gentillesse de venir nous chercher en voiture pour nous emmener chez eux, à Chester (une cinquantaine de kilomètres plus loin). Changement radical d'ambiance, des couloirs rudimentaires de la résidence universitaire auconfort chaleureux de la maison familiale anglaise.. Et, entre les jeux des deux petits garçons de 6 et 9 ans, le thé, les chocolat, suivis de l'apéritif, puis du repas à proprement parler (poulet rôti-salade-riz à l'iranienne puis cheesecake à la vanille), et les discussions avec les parents sur des sujets allant de "Avons-nous le droit, en tant qu'humains, de ne pas disparaître?" à "Google marque-t-il la mort de l'éducation et de la curiosité?" en passant par la qualité de vie londonienne et l'apprentissage en immersion d'une langue étrangère, l'après-midi et la soirée se déroulent fort agréablement, et ne finissent même pas trop tard (le dîner à l'heure anglaise, ça a ses avantages).

Retrouvailles ensuite avec la faune étudiante internationale, toujours tassée dans une cuisine, et avec les joies de la présentation éclair à des parfaits inconnus qu'on sait qu'on ne reverra jamais, histoire de se souvenir d'où on vient, et où on retourne. Le lendemain sera lui tranquille, commençant lui aussi assez tard, d'ailleurs, au son mêlé du violon et de la techno d'un des colocs de Charlotte. Retour dans le couloir toujours ravagé du premier soir (ah ça, pour la débauche, y a du monde, pour le ménage, beaucoup moins...), le temps de motiver les troupes pour un circuit mancunien qui nous conduira devant l'hôtel de ville puis dans la magnifique bibliothèque néo-gothique fondée par John Rylands, toute en voûtes, vitraux et tables en bois sombre, et dont les étagères croûlent sous le poids des vieux ouvrages reliés de cuir rapé en latin, anglais, français, italien, allemand, espagnol...



Et puis, finalement, vient le temps de reprendre le chemin de la Piccadilly Station et de quitter la cité mancunienne pour aller retrouver les rues plus familères de Glasgow. Le voyage sera agrémenté par la surprise de se retouver en première classe - café compris - sans avoir rien demandé, pourtant (à côté d'un groupe d'Ecossais fort bruyants au demeurant).

vendredi 1 février 2008

Manchester, Jour 1

Vendredi 25 janvier 2008, 249e anniversaire de la naissance de Robert Burns. Le réveil s'agite vers 7h30 du matin, un train m'attend à Central Station à 8h40 - même si, techniquement, un café, un toast et une descente de colline-traversée diagonale de George Square puis de Buchanan Street plus tard, c'est moi qui vais arriver en premier, et donc attendre le train.
Direction : Manchester, England.
Objectifs : aller mettre à l'épreuve sur le terrain (comprendre, chez "l'ennemi") le caractère idiosyncratique ou non des idiosyncrasies qui font la fierté des Ecossais, changer d'air, et rendre visite à Charlotte, qui vient elle aussi de terminer son premier semestre, et qui attend elle aussi que commence le second.

En fait, Charlotte n'a pas complètement terminé son premier semestre, il lui reste un dernier compte-rendu de TP d'optique à affronter, ce qu'elle va s'effrocer de faire avant le week-end. Aux trois heures quarante de train qui séparent les deux villes (ah, les légendaires trains britanniques, qui ont toujours le mérite d'être confortables à défaut d'être rapides) vont donc succéder quelques autres heures d'errance/découverte de Manchester en solitaire. Sans plan, ni guide, ni indications sur les hauts lieux touristiques du coin, bien sûr, c'est là tout l'intérêt. Et c'est parti pour quelques heure d'errance-au-pif-à-travers-les-les-rues-mancuniennes, qui compteront pas mal de boucles et d'apparitions récurrentes des même places, bâtiments et noms de rue, mais pas de fourvoiement majeur, dieu merci.


Au premier abord, quand on vient de Glasgow, Manchester, c'est dépaysant sans vraiment l'être. Il y a les mêmes George Street, Cathedral Street ou autre King Street, les mêmes Starbucks tous les cent mètres, il y a même une statue de Wellington, tête nue ici (mais de toute façon, à Glasgow, ça fait des mois qu'il a perdu son couvre-chef) - n'en déplaise à Alex Salmond, l'Union du Royaume-Uni n'est pas si artificielle et absurde que ça. Ecosse-Angleterre, ou Blanc Bonnet et Bonnet Blanc, sauf que l'un des deux porte le kilt et récite des poèmes de Robert Burns avec un accent aussi imbuvable que l'Irn Bru qu'il sirote?
Pour couronner le tout, ce sont deux villes industrielles qui s'efforcent de sortir de plusieurs années de convalescence post-thatchérienne, sont envahies d'étudiants en mal de débauche sage, et où les grandes et riches bâtisses victoriennes font de l'ombres aux ruelles taguées et délabrées. Cieux gris, briques rouges. Accessoirement, ce sont deux villes bordéliques. Manchester est quand même plus petite, avec une palette plus rouge et plus sombre, et une atmosphère plutôt plus brute, plus triste et moins désinvolte. On s'attend presque à bousculer une chanson de Tom Waits titubante à chaque coin de rue, et on comprend assez vite d'où sort le rock névrosé et dépressif qui a fait beaucoup (même pas tout, hein, me faites pas dire ce que j'ai pas dit) de la personnalité musicale de la ville. Joy Division ou les Smiths, par exemple, ça ne pourrait en effet pas mieux coller (et c'est pas très étonnant, me direz-vous)...


Point positif pour qui a du temps à tuer et commence à tourner en rond parce qu'il ne faut pas s'aventurer trop loin, on est vite perdu, Manchester a son ancien quartier délabré en voie de reconversion par injection de communautés arty-délurées, organisé autour d'Oldham Street qui concentre friperies, brocanteurs de comics, arrières-cours transformé en atelier de tatouage ou en studio de décoration, cafés végétariens et disquaires indépendants. De quoi tuer une bonne heure, voire deux en prenant vraiment son temps, avant d'aller explorer (en s'y retrouvant toujours au hasard, faut-il le préciser) le centre plus rupin de la ville qui s'étire entre le Town Hall, King Street et une grande roue qui surplombe la cathédrale. Et puis... avec la nuit arrive finalement l'heure de la fin du match qui opposait Charlotte et le TP d'optique, qui sonne aussi la fin du flânage mancunien en solitaire, et le début de la vie en société et de l'immersion dans l'ethnie des Français en exil dans le nord anglais (bon, et des Anglais qui leur servent de voisins, aussi).


Car oui, contre toute attente, Manchester est un bon endroit pour qui veut voir une Parisienne, un Rennais, un Pipoteur originaire de Perpignan, un Lyonnais et un Grenoblois réunis autour du même plat de pâtes avant le début d'une des traditionnelles "corridor parties" qui constituent une des activités principales des freshers britanniques, et consistent peu ou prou à boire de l'alcool bon marché en s'entassant dans une cuisine de résidence universitaire puis dans le couloir attenant, au milieu de parfaits inconnus qui sont sans doute des amis d'amis du cousin de quelqu'un qui a été invité par un voisin d'une vague connaissance des organisateurs. Ca fini bien sûr tôt le matin par une jolie transformation du couloir en cimetière de canettes de bière arrosé du contenu des dites canettes et de la cuisine en capharnaüm indescriptible, mais ça n'est pas grave, puisque Charlotte habite dans une maison à 25 minutes à pied du lieu du forfait où nous ne sommes donc pas enfermées. Et donc, heureusement, ce premier jour à Manchester pourra s'achever au calme, loin des remous de la fin de soirée matinale et des relents de gueule de bois généralisée...

mardi 29 janvier 2008

Flux RSS, Heath Ledger, Glasgow Green, Robert Burns

Huit jours depuis le dernier post : et le retour, et les exams ont enfin été surmontés ; la vie reprend un train plus paisible, même si ce matin, dehors, le ciel fait toujours autant la gueule et la ville est toujours enveloppée dans une épaisse nappe d'humidité qui la fait suinter la pluie de toute part. Mais hier, il faisait beau (beau, à l'écossaise, c'est-à-dire qu'une moitié du ciel était d'un bleu éclatant, et l'autre moitié d'un noir inquiétant). Bref, entre les deux jours de grisaille qui ont vu éclore ces deux notes de blog consécutives, il y a eu, déjà, pas mal d'autres jours de grisaille, qui continuent de se rallonger, ce dont on ne va pas se plaindre - maintenant, on peut lever les yeux vers le ciel à 17h, et se rendre compte avec émerveillement qu'il ne fait pas encore complètement nuit!

Il y a aussi eu, comme se doit, de nombreuses heures en tête à tête avec des cours et des bouquins, passées entre une chambre trop silencieuse et une bibliothèque trop bruyante, à s'efforcer de faire fonctionner les derniers neurones encore disponibles pour retenir une date ou un chiffre de plus, ou simplement pour relire une quinzième fois un cours qu'on connaît déjà par coeur, mais, des fois que, sait-on jamais, mieux vaut être prudente, et de toute façon, rien de mieux à faire, hein.

Alors il y a eu quelques translations vers la cuisine, pour échanger quelques mots avec une autre dans le même état, avant de s'en retourner avec une tasse de thé, prétendant qu'on va bosser, alors qu'en fait, on va écouter la chronique d'Olivier Duhamel (qui gagne en saveur avec le dépaysement) et valser entre les flux RSS qui se multiplient dans la barre personnelle de Firefox, et qui disent souvent tous la même chose, mais pas pareil, et assomment à coup de gros titres encore plus implacables dans leur uniformité que leurs homologues sur papiers (tous la même taille, tous alignés, tous à égalités, se noyant les uns les autres dans un déluge de catastrophes, de distinctions, de faits divers glauques, de Sarkozys et de tennismen, de caucus américains et de voitures piégées, de hausse du prix du pétrole et de crise du MP3, de nouvelles élections truquées et de nouvelles pellicules projetées sur des écrans blancs à intervalles réguliers)
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Le lundi de Pentecôte va redevenir férié
Portraits du Pakistan : (1) Rabiah, femme médecin
Giuliani's worst nightmare
Alejandro Sanz se va de la lengua
Un superpréfet devrait coordonner le "chantier prioritaire" des sans-abri
M. Sarkozy veut une réforme radicale du système de recherche français
Taxpayers are victims of "War on drugs"
La viviendas hipotecadas caen un 15% en noviembre
Patrick Rambaud : "La comtesse Bruni? C'est le diable..."
Father killed over son's football
'I felt completely out of control'
Solo hay que seguir la linea del parabrisas
Laugh? You must be joking
Le fils de Nabokov va-t-il brûler un manuscrit de l'auteur de "Lolita"?
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Au milieu de tout ça, et des tribulations du Parlement écossais, un "L'acteur Heath Ledger retrouvé mort dans son appartement de New York"/"Hallado muerto el actor Heath Ledger"/"Actor Heath Ledger found dead" a fait son chemin, emporté dans cette avalanche continuelle d'évènements, pas plus grave, pas plus significatif que les autres, presque vide de sens dans son abstraction, perdu dans ce flot incessant. Pourquoi celui-ci retomberait-il plus lourdement sur la tête que les autres? Parce qu'il arrive au mauvais moment, parce qu'il est plus facile à se représenter, quelque part plus familier, plus simple aussi (il n'y a qu'une personne dans l'affaire ; pas de pourcentage, pas d'inflation, pas de villes dont on ne sait pas prononcer le nom correctement, pas de manoeuvre politicienne, juste une pilule de somnifère en trop)? Et puis Heath Ledger est mort comme Nick Drake, presque au même âge, une semaine après que j'ai vu pour la troisième fois le Robbie Clark dylanien auquel il a prêté ses traits dans I'm Not There s'écraser lamentablement en mobylette contre un arbre... Pas plus triste qu'une autre nouvelle, mais pas moins triste non plus, bizarrement, celle-ci résonne plus...
Et aussi, c'est un bon prétexte pour poster cette très jolie photo, et les prétextes pour poster de très jolies photos, ça ne se refuse pas, surtout dans un blog qui en manque (de très jolies photos) :


Il y a eu une énième balade dans la nécropole pour s'aérer la cervelle - entreprise d'ailleurs réussie, puisque ce jour-là (aussi gris que les autres), le vent soufflait des bourrasques à s'époumonner "Iiiiiiiiiiiidiot wind, blowing through the flowers on your tomb, blowing through the curtains in your room !". (Dylan, toujours Dylan, on ne se refait décidemment pas)

Enfin, il y a eu un dernier exam, celui sur le microcosme politique écossais, passé dans une église toute rouge, pendant que la neige refroidissait le premier jour de soleil depuis longtemps. Et puis le même jour, il y a eu le soulagement d'en avoir enfin fini, deux zucchini breads allégrement engloutis par les locataires du 4D, la découverte de Provand's Lordship (la plus vieille maison de Glasgow, habitée par un bonhomme en cire à l'air fort peu bonhomme qui effraie les gens qui s'aventurent dans sa chambre), et une balade qui nous (nous = Barbara et moi) fera traverser Glasgow Green sous un ciel clément et entrourées des effluves de brasseries (ahlala, vive la bière...). Ensuite il y a eu un essaim de cumulo-nimbus menaçant qui s'amoncelaient à l'horizon, une averse de grêle cinglante sous le soleil, un arc en ciel, et finalement le ciel qui retrouvait son gris de cérémonie, d'où un retour sous la pluie glacée et le vent glaçant.

Il y a eu une expédition collective de quatre colocataires qui réalisaient après plus de trois mois qu'elles vivaient ensemble, direction Sainsbury's, objectif : trouver du Haggis et une bouteille de vin pour célébrer dignement (et avec un jour d'avance) l'anniversaire du sieur Robert (aka Rabbie) Burns, sommité nationale. Le Haggis n'a d'ailleurs pas voulu bouillir dans la casserole, il a fini au micro onde, mais il était bon quand même. Ca doit être parce qu'on n'a pas récité en entier l'Adress to the Haggis... (écrite par Robert Burns, qui pensait à tout, même à ses fêtes d'anniversaires posthumes).


Après il y a eu un week end à Manchester (qui sera relaté ici en temps voulu, c'est-à-dire très imminemment bientôt), des adieux-pas-vraiment-adieux-mais-tristes-quand-même à Martina et Puisan, qui s'en vont, mais ne s'en vont pas vraiment, en tout cas pour l'instant elles sont toujours aux alentours, mais leurs chambres ne sont plus à elles, et deux nouvelles arrivantes américaines (Ashley, North Carolina - Megan, Georgia), un cours de yoga, et finalement la reprise des cours, oh combien épuisante ! (ou pas, hum)

D'où ce post bordélique (dont il est indiqué qu'il a été publié à 11:11, ce qui n'est pas vrai, mais faites un voeu quand même).

lundi 21 janvier 2008

Retour / Exams

Il est plus que temps... autrement, le terme "retour" deviendra complètement anachronique, puisque cela fait déjà plus d'une semaine que le "retour" est consommé. Mais voilà, le retour, il ne s'est pas fait dans le seul, pur et unique but de retourner. Sinon, je serai sûrement retournée plus tard, parce qu'à Glasgow, en janvier (ou en tout cas ce janvier), il fait pas encore très jour (sunset : 4:28 PM dit le site de la météo, ce qui, je vous l'accorde, est toutefois une nette progression depuis le "3:45 PM" de la mi-décémbre), et surtout, il fait vraiment un temps pourri. Ou plutôt un temps favorable à la pourriture, à la moisissure, et à tout ces jolis phénomènes qui n'aiment rien mieux que l'humidité et l'obsucrité. Ou pour faire bref, le ciel est dépressif, tout gris et pleurnicheur, à tel point que c'en est parfois contagieux. Et les choses sentent la fin... même si de fin pour moi il n'est pas encore franchement question... Trois des occupantes de l'humble appartement 4D (le mien, si vous avez bien suivi depuis le début vous devriez le savoir) s'en vont vers d'autres cieux dans moins d'une semaines, et pour l'instant rien d'autre pour nourrir ses journée que des lambeaux de cours passés qu'il faut ressortir, dépoussiérer, déchiffrer, et empiler dans son crâne de façon plus ou moins étudier, solide et dense, en espérant que l'édifice ne s'écroulera pas avant les deux heures fatales durant lesquelles on devra le reconstruire sur une copie, dans un grand hall enfûmés par le bouillonnement des cerveaux et obscurci par les vapeurs d'encre.

Ben oui, ça s'appelle la session d'examens de janvier, quoi. Et c'est peut être pas universel mais en tout cas ça marche aussi en Ecosse. Quoique les ethnologues les plus fins remarqueront un certains nombre de différences notables.


• Ici, un exam, ça dure deux heures. Peu importe la matière, peu importe l'année, peu importe la forme. Deux heures, pas plus, pas moins. Pas de départ pendant la première demi heure ni pendant le dernier quart d'heure (pourquoi le dernier quart d'heure, mystère). La dissert' en 4h, ça n'existe pas ! De toute façon, les dissert', c'est pour les fin de semestre, et ça se fait à la bibli, en lisant moult bouquins et articles ésotériques, et en plus de 4h.

• Ici, un exam, c'est sans pièges et sans mauvaises surprises. Pas comme en France où il faut toujours (on n'est jamais trop prudent) être préparé au plus vicelard, à la question la plus inattendue ou à la tournure la plus biscornue, ou encore à la résurgence de thèmes disparus des annales depuis qu'on a décidé de conserver les sujets passés pour les mettre sur le marchés. Non, ici tout est tellement transparents que cela rend presque méfiant - inutilement, c'est juste la paranoïa injustifiée qui ressort. En maths, les exercices sont pratiquement les mêmes tous les ans, seuls les chiffres, le nom des fonctions et quelques signes à gauche à droite change, des fois une ou deux questions aussi mais rien de bien significatif. En sciences sociales, le dernier cours du semestre s'appelle "revision session" et consiste à donner aux élèves les thèmes de chacune des questions du sujets... sachant qu'il ne faut en traiter que deux, ce qui a l'inconvénient d'ôter tout son piment au jeu des impasses, qui sont officialisées et aiguillées... Non vraiment, niveau prise de risque, zéro. Angoisse minimale (quoique non nulle pour autant, ce truc doit avoir une asymptote qui traîne quelque part), puisque les surprises (bonnes ou mauvaises) sont exclues d'avances.

• Ici, il ne faut jamais répondre à toutes les questions du sujet. C'est du deux sur dix, deux sur huit, trois sur quatre, trois sur cinq, selon les matière, mais jamais tout! Corollaire, cela implique un difficile choix, qui demande presque plus de réflexion que la réponse à la questions elle-même, puisqu'en bonne étudiante française, j'arrive en ayant préparé plus de sujets que nécessaire (paranoïa injustifiée, ou alors simplement trop de temps pour réviser et envie de diversifier?), et en me préparant à une série de questions à traiter le plus vite possible, sans penser à rien d'autre. Il faut également indiquer sur la première pages les numéros des questions traitée (ce que j'oublie allégrement une fois sur deux...).

• Ici, on ne passe pas son exam tranquillement entre membre d'un même cercle/élève d'un même cours, en tout cas pas forcément. Le grand Assembly Hall est beaucoup trop spacieux pour n'être consacré qu'à un seul groupe d'élève, on le divise donc en deux, en trois, les rangées de tables recevant différents sujets (désolée, non, la place à côté du radiateur là, avec une jolie vue par la fenêtre, c'est pas pour ton sujet, va donc voir ailleurs!). Ca donne parfois des combinaisons intéressantes... par example "research in psychology" vs. "naval architecture", ou l'inévitable constat de la non-parité dans les amphis...

• Ici, on n'écrit pas sur des copies moches, mais dans un cahier agraphé (moche aussi au demeurant) qui a généralement assez de pages pour qu'on n'ait pas besoin de déranges les messieurs-dames qui surveillent sur l'estrade. Par contre, on n'a pas le droit aux belles feuilles de brouillons multicolores pour décorer. Et donc, les Ecossais ne brouillonnent pas, ou alors très peu, quelques gribouillis là où il reste de la place entre les questions sur le sujet.

A part ça, c'est pareil. C'est-à-dire que c'est pas la période la plus passionnante ni épanouissante de l'année.
Et à part ça, il m'en reste un dans trois jours. 'Serait une idée de m'y mettre. Peut-être...